Il y a des événements qui parfois dépassent leur propre frontière, qui prennent le pouls d’un lieu, d’une ville, d’une communauté, et peut-être même d’un art de vivre. Le Roche Bobois ProAm de Bordeaux appartient à cette catégorie, un peu exclusive, où le golf a rendez-vous avec une marque iconique. Derrière cette ambition, la volonté d’un homme, Julien Ortega, épaulé par Mélodie Bourdy, ancienne joueuse de golf. Leur vision et leur lecture du lien, entre marque et territoire, éclairent un événement devenu, en trois ans, un incontournable du calendrier golfique régional.

La rideau pourrait s’ouvrir au petit matin, à Cabot Bordeaux (ex Golf du Médoc), avec la lumière encore pâle glissant sur les fairways, et Julien Ortega qui, smartphone à la main et accompagné de Mélodie, est déjà en train d’ajuster un détail, de vérifier un plan de circulation, d’accueillir un partenaire. Son pas est tranquille, mais l’œil attentif. Il a cette posture des gens qui ont déjà vécu cent fois un événement et qui savent que rien n’est jamais totalement sous contrôle. Il faut dire que l’homme a du métier. Vingt-six ans dans l’univers Roche Bobois. Des années à orchestrer événements, salons, partenariats, à Nice, Montpellier, Antibes, puis Bordeaux. Une longue expérience de « faire sortir la marque du magasin », comme il le dit avec cette précision calme qui trahit l’organisateur aguerri. Il a connu la Côte d’Azur, l’époque des grandes compétitions co-brandées, des journées « art de vivre », des installations éphémères où les canapés iconiques de la marque occupaient des terrasses baignées de soleil. Il a managé, dirigé, développé, appris, recommencé. Et surtout, il a observé. Lorsqu’il parle du ProAm de Bordeaux, on comprend immédiatement qu’il ne s’agit pas d’un simple décor posé sur un terrain de golf. Ce n’est ni une opération de communication plaquée, ni un événement mécanique. C’est un projet pensé sur plusieurs couches, d’abord sportives, puis humaines, esthétiques et territoriales.

En premier lieu, il y a donc le duo pivot, Julien et Mélodie. Leurs réseaux, leurs idées, leur énergie commune. « L’humain est toujours au départ », rappelle-t-il dans notre entretien. Ce point est essentiel. Les grands événements ne naissent jamais d’un tableur Excel, mais de rencontres qui alignent les visions. Le ProAm est de ceux-là. Il y a ensuite la mécanique. La première année, personne ne savait si une seconde édition verrait le jour. Puis le bouche-à-oreille, la fidélité des équipes, l’envie des partenaires et surtout, la qualité de l’expérience ont fait le reste. Quinze équipes, puis dix-sept, puis vingt-deux. Aujourd’hui, le format pourrait monter à vingt-quatre sans risquer la moindre fausse note. Le ProAm a pris de l’ampleur, naturellement, porté par la satisfaction des participants, par la précision d’exécution, et par cette ambiance particulière où sport, élégance et convivialité se croisent comme s’ils se connaissaient depuis toujours. Et puis il y a la réalité brute. Un événement, c’est du travail. Beaucoup. Des week-ends sacrifiés, des soirées à débarrasser, des meubles déplacés sous la pluie, du stress, des ajustements de dernière minute. Mais Julien ne s’en plaint pas. Ce sont les coulisses invisibles des choses réussies. Il sait que l'effort collectif finit toujours par se voir dans la lumière du jour, lorsque les swings s’enchaînent et que les sourires dessinent les contours de ce qui restera.

Un lien organique

On aurait tort de croire que la présence de Roche Bobois dans un événement golfique relève d’un simple hasard géographique ou d’une opportunité à saisir. Au contraire, le lien est presque organique. La clientèle golfique est celle de Roche Bobois. Des chefs d’entreprise, des cadres, des décideurs. Des personnes pour qui l’art de vivre compte autant que la performance. Des femmes et des hommes qui jouent chaque semaine, qui voyagent, qui s’accordent le temps long. Ce sont les mêmes codes culturels, les mêmes attentes de qualité, la même sensibilité à l’esthétique. Et surtout, Roche Bobois porte en étendard une promesse rare « l’art de vivre à la française ». Ce fil rouge, Julien Ortega le répète avec conviction, il fait partie de l’ADN maison. Le golf, discipline de précision, de style, de respect, s’y accorde naturellement. Ce n’est pas un collage marketing, c’est une rencontre. Mais l’intuition ne suffirait pas si l’événement n’était pas pensé pour valoriser la marque. Là encore, Julien est clair, un événement ne doit pas « manger » une enseigne, ni la banaliser. D’où l’importance de la qualité des supports, du choix des partenaires, de la cohérence des images, de la maîtrise du dispositif digital. Dans son regard, tout doit servir la belle maison.

La soirée d’ouverture organisée au magasin est l’illustration parfaite de cette stratégie. La marque y montre son univers, sans filtre. Les invités découvrent les collections, s’installent dans les canapés, prennent possession des lieux. Certains n’y étaient jamais entrés. D’autres avaient en tête une image datée de la marque. Tous repartent avec une sensation de découverte, parfois même d’étonnement. L’effet recherché est atteint.

Enfin, il y a un enjeu plus subtil, mais déterminant avec la circulation nationale et internationale des clients de Roche Bobois. Un propriétaire en région parisienne peut acheter à Bordeaux pour sa maison secondaire, ou l’inverse. Le ProAm devient alors un point de rencontre, un catalyseur de relations, un espace où la marque se raconte autrement. Et cela vaut autant pour les clients que pour les partenaires qui, à leur tour, y trouvent un terrain de jeu commercial pertinent.

Une signature certifiée

Trois ans, c’est court, mais suffisant pour imposer une signature. Le Roche Bobois ProAm de Bordeaux fait aujourd’hui partie des dates qu’on entoure dès que les premières infos circulent. On en parle à Paris, en Bretagne, ou sur la Côte d’Azur. On en parle surtout entre joueurs qui aiment les événements bien faits avec de beaux parcours, de belles équipes, une belle soirée et de belles rencontres. Le parcours du Médoc, aujourd’hui Cabot Bordeaux, demeure la pierre angulaire, complété par Lacanau, parfois Saint-Émilion. Un casting de golfs élégants, qualitatifs, exigeants. Pas de hasard ici. Un événement premium ne supporte pas l’à-peu-près. Mais au-delà du terrain de jeu, ce ProAm incarne quelque chose de plus profond, une manière de découvrir Bordeaux. Une manière de mêler sport, réseau, convivialité, territoire. Une manière d’installer une marque dans un inconscient, sans la pousser, sans la forcer, juste en proposant un moment qui ressemble à ce qu’elle défend. L’avenir ? Il tient en deux mots « faire grandir ». Plus de partenaires qualitatifs. Un format peut-être élargi. De nouvelles idées, de nouveaux contenus, de nouvelles synergies. Julien Ortega ne veut pas dénaturer l’événement. Avec Mélodie Bourdy, qui prépare cet événement tout au long de l’année, ils veulent le raffiner. Et les deux savent que dans ces projets-là, la clé reste invariable, à savoir les gens. Les gens qui portent, qui organisent, qui s’engagent, qui jouent et surtout qui reviennent. Après la remise des prix, on quitte Cabot Bordeaux avec cette sensation étrange que ce ProAm n’était pas juste une parenthèse sportive. Peut-être plus un rendez-vous qui respire, qui vit et qui devient plus grand que ceux qui l’ont imaginé.

Mélodie Bourdy
Bourdy Golf Expériences
Je travaille près de neuf mois en amont sur ce ProAm bordelais. C’est un concentré de tout ce que j’aime avec le patrimoine et la richesse de Bordeaux, l’amitié, la famille, des acteurs locaux d’exception, le vin et la gastronomie. Cet événement, c’est un peu mon « petit bébé », quelque chose qui me ressemble vraiment et que je veux inscrire dans la durée. Roche Bobois en est la pièce maîtresse, un partenaire fondateur devenu ami, qui a cru à mon projet et en a fait un rendez-vous phare pour la marque, pour moi et pour Bordeaux.

Texte Guillaume Barnett